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April 20, 2022

« Deuxieme Femme » : la polygamie vecue avec une Francaise au Senegal

« Deuxieme Femme » : la polygamie vecue avec une Francaise au Senegal

Par Sabine Cessou

Caroline Pochon, documentariste francaise, a ete pendant plusieurs mois la seconde epouse d’un homme au Senegal. Une experience une polygamie qu’elle raconte dans « Deuxieme Femme » (Buchet Chastel, 2013), un premier roman reellement fortement inspire d’la realite.

Dans le livre, elle s’appelle Hortense et i§a etouffe dans le milieu, la petite bourgeoisie d’la bonne ville de Caen. Ses premieres rencontres avec des Africains lui donnent de l’oxygene. Des les premieres pages du roman, elle ecrit :

« Mes hommes que j’ai aimes m’ont donne l’Afrique, sa chaleur, ses nuits sans fin, sa musique, sa danse, ses improvisations, son bricolage quotidien, ses langues qui chantent dans la grisaille, ses eclats de rire sans Banania, sa connivence de parias, ses combines miraculeuses. L’ailleurs au sein d’ ma vie provinciale, le bonheur d’etre belle et heureuse – par moments. »

« Moi, l’affreuse bonne Blanche »

Cette jolie blonde aux yeux bleus, apprentie scenariste, s’echappe du carcan familial et se trouve a 27 ans, un brin larguee et sous anxiolytiques, au Festival panafricain du cinema de Ouagadougou (Fespaco) de 1997.

Elle y retrouve Seydou, realisateur senegalais. C’est le coup de foudre. Elle le suit chez lui, a Dakar, ou elle accepte de se convertir a l’islam Afin de l’epouser et partager le existence avec sa propre toute premiere copine, Awa, aussi enceinte.

Awa accueille la jeune Francaise en pensant que c’est une collegue de son mari, et ne se doute de rien jusqu’au retour en noce… Extrait :

« Plusieurs cris resonnent dans la cour. Awa vient de saisir que chacun l’a roulee – son mari, le marabout, sa famille, le quartier et moi, la fauteuse de trouble, le djinn envoye via la France, l’affreuse petite Blanche au cul gros comme le porte-monnaie ! Tous affluent dans la cour ou elle se tient debout, les mains i  propos des hanches, la figure furieux. »

Dans la vraie life, bien reste pareil, sauf que la jeune francaise s’appelle Caroline Pochon, le mari Masseye Niang et Notre premiere epouse, Diodio.

Cette experience intense a dure deux mois et demi, au bout desquels la seconde epouse rentre a Paris. Elle y prepare, assaillie par le doute, l’arrivee d’un mari avec qui elle a un projet de film, mais qu’elle a cesse d’aimer.

Du temps pour tourner votre page

« Seydou, dernier avatar d’une longue collection d’amours impossibles. Un homme noir reste peut-etre 1 ecran que j’utilise pour masquer une verite – laquelle ? Dans une fai§on de megalomanie caritative, comme si j’avais bu un philtre, j’ai voulu extraire un homme d’une condition qu’il avait pourtant choisie. Et bien a coup, la fee blanche arrive avec une carte bleue ! »

Caroline Pochon, qui ne perd pas le sens de l’humour, parle aussi au sein d’ le roman du mariage mixte, et une reaction qu’il provoque au sein d’ une famille senegalaise tel chez ses parents, en France. Elle avoue avoir mis du temps, de nombreux moment, Afin de tourner la page.

Elle a entame votre autofiction en 1999, l’a reprise en 2005, apres avoir tourne un documentaire concernant le aussi theme, avec les vrais personnages de son histoire.

Huit annees prochainement, elle publie votre propos fort, tire de le journal intime, ses souvenirs, puis de plusieurs des nouvelles non publiees inspiree par la societe d’la banlieue populaire de Guediawaye, a Dakar. Elle explique :

« Je ne voulais nullement donner une lecture enfermante, autocentree via ses sentiments. »

J’ai polygamie, « modele sexiste et archaique »

Sa position, a l’epoque, etait de ne pas faire le « neo-colon » et de se fondre au sein des normes de l’autre, plutot que d’imposer des siennes. Cela dit, Caroline Pochon a desormais une position tres claire via la polygamie : elle est contre.

« C’est un modele sexiste et archaique qui se fait a l’avantage des hommes, dit-elle. C’est un jeu autour de l’absence ainsi que l’attente qui genere beaucoup d’amertume et de frustrations. »

Ainsi que rappeler que dans la societe senegalaise, la notion de couple est « irreductiblement differente en notre, monogame et romantique ». Modi?le :

« Un Senegalais vivant aux Etats-Unis peut fort bien se marier a distance avec une fille du village qui servira de bonne a ses parents. »

L’auteur ne part nullement en croisade. Au contraire. Elle estime qu’il y a « mille nuances » dans la facon de vivre la polygamie, une experience qui lui a permis de remettre proprement dit sa propre vision de l’amour. Elle reste d’ailleurs restee en rapport avec le ex-epoux, qui Notre soutient dans le entreprise litteraire.

« Cela vit votre livre tel quelque chose qui lui appartient par procuration. I resilier abonnement loveagain  mon sens, c’est 1 soulagement. »

Ecrire ce livre lui a permis de se « liberer »

Ecrire votre livre lui a permis de se « liberer ». Meme au Senegal, le sujet n’est pas souvent evoquee avec les femmes – a deux exceptions pres :

  • L’ecrivain Ken Bugul, qui possi?de ete Notre 28e femme d’un marabout, a raconte dans le roman « Riwan ou le chemin de sable » (1999) les petits cotes de son statut de co-epouse ;
  • Correctement avant cette dernii?re, Mariama Ba avait signe « Une Si Longue Lettre » (1979), roman a charge contre la polygamie. Un propos puissant, tire la encore du vecu d’une toute premiere soeur, mise en face du fait accompli d’une union de le mari avec une cherie moins i?ge qu’elle.

Ce grand ordinaire, etudie via l’ensemble des collegiens du Senegal, traite des ravages psychologiques et emotionnels provoques par la polygamie. Une fonctionnel qui n’a gui?re faibli, les deuxieme, troisieme ou quatrieme jeunes filles marquant plus que pas, aujourd’hui, le succi?s sociale de l’homme au Senegal.

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